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Thursday, November 27, 2014

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Une Histoire commune d’Israël et de la Palestine

Tags: Books and Authors
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Deux peuples, deux récits. En temps de Guerre, les nations ra­content l’Histoire d’un seul point de vue -le leur-, le seul considéré comme “juste”. Les héros des uns sont les monstres des autres. L’Histoire, les Droits et la Culture de “l’ennemi” sont niés. Le conflit israélo-palestinien ne déroge pas à cette hideuse règle. Ainsi, la Guerre israélo-arabe de 1948 est appelée “la Guerre d’Indépendance” par les Israéliens et “la Nakba” -terme arabe signifiant “La Catastrophe”- par les Palestiniens.

Six professeurs d’Histoire palestiniens et six professeurs d’Histoire israéliens ont décidé d’écrire un livre qui relate l’Histoire côté Palestiniens et côté Israéliens autour de trois dates clés -la Déclaration Balfour de 1917, la Guerre israélo-arabe de 1948 et la première Intifada palestinienne de 1987.

C’est parce qu’ils étaient conscients du rôle de l’Éducation dans le processus de paix israélo-palestinien que des professeurs de lycée israéliens et palestiniens, membres de l’Association Peace Research Institute in the Middle East (P.R.I.M.E.), ont conçu cet ouvrage à deux voix, tout à fait original, relatant la double Histoire d’Israël et de la Palestine.

Chaque page, découpée en deux colonnes, expose -assez schématiquement- la vision des Israéliens et des Palestiniens de trois événements majeurs de leur Histoire commune. Mis en parallèle, les deux récits historiques permettent de mieux comprendre les divergences qui opposent depuis plus d’un siècle Israéliens et Palestiniens.

Le Peace Research Institute in the Middle East, qui est à l’origine de cet ouvrage, est une O.N.G. fondée par des professeurs d’université israéliens et palestiniens avec l’aide de l’Institut de Recherche sur la Paix de Francfort.

Les récits sont présentés côte à côte dans un manuel scolaire traduit dans les deux langues et destiné aux élèves des lycées israéliens et palestiniens.

“Les deux mythologies nationales ne se recouvrent pas. Car si les deux peuples sont traumatisés, ils n’ont pas éprouvé les mêmes traumatismes au même moment”, rappelle le réputé historien français, feu Pierre Vidal-Naquet, dans la préface de la version française de ce livre, publiée sous le titre Histoire de l’Autre par les Éditions Liana Levi.

L’écart entre ces deux regards sur l’Histoire du conflit israélo-palestinien ne porte pas tant sur la réalité objective, les faits ou les chiffres mais plutôt sur le choix d’événements signi­fi­ca­tifs. On sent un même souci d’exactitude, une certaine sobriété dans l’expo­si­tion des faits, une volonté d’éviter tout reproche de mauvaise foi, qui donne paradoxalement à chaque récit une crédibilité troublante. En effet, en lisant les deux narrations historiques, on n’a aucunement l’impression de lire une chose et son contraire mais plutôt le sentiment de lire deux textes recelant des passages “vides” qui, superposés, racontent l’Histoire complète.

Sami Adwan, un universitaire palestinien, Professeur à l’Université de Bethléem, et Dan Bar-On, un universitaire israélien, qui enseigne la psychologie à l’Université Ben Gourion de Beer-Sheva, tous deux fondateurs de l’Association Peace Research Institute in the Middle East, ont été les concepteurs de ce remarquable Projet édu­catif.

Cet ouvrage d’Histoire iconoclaste est-il utilisé dans tous les Collèges d’Israël et de Palestine?

“Notre travail est fait directement avec des enseignants et des Écoles. Nous avons choisi de ne pas passer par les Ministères pour quelque agrément que ce soit. Jusqu’à maintenant, nous avons réussi à tenir cette ligne. De même, nous avons préféré éviter les médias locaux car nous ne savions pas quelles seraient leurs réactions. Ce Projet est fondamentalement le Projet des enseignants. Ce sont eux qui décident de la façon dont ils le mettent en oeuvre. Certains tra­vaillent en cours, certains tra­vaillent l’après-midi, après la fin des cours, d’autres invitent les élèves chez eux pendant les vacances…”, a expliqué Sami Adwan dans une entrevue qu’il a accordée au journal du Centre de Recherche en Action Sociale (C.R.A.S.).

D’après Dan Bar-On, dans le contexte actuel de tension qui prévaut en Israël et en Palestine, il ne faut pas s’attendre à ce que les autorités publiques israéliennes et palestiniennes appuient ce type d’initiative pédagogique.

“Placés au cour d’un conflit violent, comment attendre un soutien des autorités? Elles sont supposées soutenir leur camp, pas le processus de paix. Or tout notre travail est tourné vers le processus de paix! Quelle sorte de matériel peut-on préparer dès aujourd’hui pour une situation post-conflictuelle? Quand le processus de paix aura abouti, nous approcherons les Ministères de l’Éducation israélien et palestinien. Et nous serons prêts alors à assurer la formation des enseignants en nous appuyant sur notre expérience”, a expliqué Dan Bar-On au C.R.A.S.

Utilisé depuis 2002 dans de nombreux lycées d’Israël et de Palestine, ce livre très audacieux constitue un défi et, nous l’espérons, un pas vers la paix. Comme quoi il ne faut pas désespérer devant la fatalité du drame israélo-palestinien!

Six Palestinian and six Israeli history professors involved with the non-profit organization, Peace Research Institute of the Middle East, have written a book expressing the views of each side about three key events in Mideast history

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