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Tuesday, October 21, 2014

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‘Pour moi, un ‘demi-Juif’ ça n’existe pas’

Tags: Books and Authors
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Les épineuses questions de l’“assimilitation des Juifs” et de la “conversion de non-Juifs au Judaïsme” conti­nuent de susciter des controverses houleuses dans le monde juif. Le manque de consensus entourant ces problématiques a accentué le grand schisme qui sépare les hérauts de l’Orthodoxie juive des tenants des Judaïsmes Réformiste et Conservateur. Deux conceptions du Judaïsme aux antipodes l’une de l’autre.

Les “mariages mixtes”, considérés par les Instances rabbiniques orthodoxes comme “un grand fléau qui hypothèque sérieusement l’avenir du peuple juif”, n’effraient pas outre mesure l’écrivain Juif franco-­polo­nais Marek Halter.

“Pour moi, les “mariages mixtes” ne sont pas un “acte suicidaire” pour le peuple juif, comme l’affirment aujourd’hui, avec une assurance déconcertante, bon nombre de Rabbins orthodoxes. Au cours de mes re­cherches sur cette question capitale, je me suis rendu compte qu’à peu près 65 à 70% des enfants issus de “mariages mixtes” redeviennent Juifs, ou reviennent au Judaïsme, à l’âge adulte. À mes yeux, un “demi-Juif”, ça n’existe pas. Pour moi, un Juif qui se définit comme Juif est entièrement Juif. Malheureusement, beaucoup de Juifs ne connaissent pas leur Histoire. L’un des grands Maîtres du Talmud, Rabbi Akiva, était un Babylonien converti au Judaïsme. Et, le couple Juif le plus admiré est un “couple mixte”: Ruth, qui est restée Moabite, et Boaz. À ma connaissance, la Bible ne dit pas si Ruth s’est convertie au Judaïsme. Ces derniers sont les arrière-grands-­parents du Roi David. Pour les Chrétiens, Ruth et Boaz sont donc les ancêtres de Jésus. Pour les Juifs, le Messie doit venir de ce couple!”, ­explique Marek Halter en entrevue.

Romancier à l’imagination foisonnante, conteur hors pair et militant infatigable pour la paix entre Israël et le monde arabe, Marek Halter a étayé sa vision du Judaïsme dans plusieurs de ses livres, notamment dans 4000 ans d’Histoire du Judaïsme: Histoires du peuple juif (Éditions Flammarion). Dans ce livre magnifique et très captivant, superbement illustré, Marek Halter relate, par le biais d’histoires -avec un petit “h”- et d’anecdotes très personnelles, la passionnante et très singulière Odyssée du peuple juif.

Pourtant, les perspectives démographiques du peuple juif sont plutôt sombres. Ce constat alarmant n’inquiète-t-il pas l’auteur du best-seller mondial La Mémoire d’Abraham?

“L’Histoire du peuple juif nous rappelle sans relâche que la question démographique n’a jamais posé pro­blème aux Juifs. Quand le Dieu d’Olympe n’exerçait plus aucun attrait sur les Romains, le Judaïsme aurait pu devenir la religion officielle de l’Empire romain. L’Empereur Constantin était en quête d’une nouvelle religion pour réunifier l’Empire romain. Ce furent les Judéo-Chrétiens qui lui apportèrent la solution. C’est ainsi que l’Empire romain devint chrétien. Les Juifs n’ont jamais essayé de convertir leurs concitoyens à leur religion. Ce qu’ils ont toujours cherché désespé­ré­ment, c’est de préserver ce qui à leurs yeux est le plus essentiel: leurs valeurs universelles. C’est pour cela que les Juifs sont avant tout des “passeurs”. Au fil de l’Histoire, notamment durant l’Antiquité, des dizaines de millions de Juifs ont été sauvagement massacrés. Les Juifs n’ont pas pour autant disparu de la surface de la terre.”

L’esprit de résilience et la longévité du peuple juif sidèrent Marek Halter.

“En 1806, le grand écrivain français Chateaubriand effectua un voyage en Terre sainte. À Jérusalem, il fut très surpris de découvrir que des Juifs vivaient dans cette Cité céleste. “Les Juifs sont les seuls vrais Maîtres de Jéru­sa­lem”, a écrit Chateaubriand dans un petit livre qu’il a intitulé Itinéraire de Paris à Jérusalem. Chateaubriand se posa alors une question que con­tinuent de se poser beaucoup de gens à travers le monde: comment se fait-il que tant de civilisations et de peuples ayant créé des cultures importantes ont disparu corps et âmes et seul un petit peuple de l’Antiquité, les Juifs, est arrivé à survivre jusqu’à nos jours? Pour Chateaubriand, la pérennité du peuple juif relève du “miracle”.”

Ce “miracle” a une explication, ajoute Marek Halter.

“Tous les peuples sont enracinés dans une Terre. Ils ont les mêmes caractéristiques que les plantes. Quand on arrache une plante de la terre, elle meurt. Par contre, les Juifs sont enracinés dans une Terre et aussi dans un Livre, dans le langage, dans l’écriture… Au fil de leur Histoire tumultueuse et très souvent funeste, chaque fois que les Juifs ont été arrachés de force de leur Terre, ils sont partis s’établir sous d’autres cieux plus cléments avec leurs racines et leur Livre. Ils ont continué à vivre et à créer là où ils ont réétabli leurs pénates. C’est pour cette raison que tous ceux qui ont voulu exterminer les Juifs ont commencé par brûler leurs Livres.”

Militant inlas­sable pour la paix entre Israël et les Palestiniens, Marek Halter croit résolument que l’“espoir messianique empreint de belles promesses” porté par la Tradition juive depuis plusieurs millénaires devrait être une “assurance lénifiante” pour tous ceux et celles qui désespèrent aujourd’hui face au drame israélo-palestinien.

“C’est vrai qu’on peut être parfois fatigué, mais il ne faut jamais désespérer. Depuis plus de 40 ans, je milite avec opiniâtreté pour l’instauration d’une paix équitable et viable entre Israël et les Palestiniens. Mon optimisme lucide se fonde sur un principe banal: toute guerre finit un jour. Dans la sanglante Histoire de l’Humanité, tous les conflits armés, même les plus meurtriers, ont pris fin un jour. Des ennemis qui se sont fé­roce­ment entretués pendant des décennies ont fini par abandonner les armes et faire la paix. Je suis farouchement convaincu que le conflit qui oppose depuis plus d’un siècle Israéliens et Palestiniens cessera aussi un jour. La question qui se pose est: que faire entre-temps pour qu’il y ait le moins de morts possible du côté israélien et du côté palestinien? N’oublions jamais que la guerre fratricide par excellence, celle qui a opposé durant des décennies Catholiques et Protestants à Belfast, qui a fait bien plus de morts que tous les conflits entre Israéliens et Palestiniens, a connu un dénouement fort prometteur, en dépit des nombreux blocages dans les deux camps.”

Marek Halter a publié dernièrement aux Éditions Robert Laffont un très beau roman à forte saveur historique, L’inconnue de Birobidjan, qui relate l’histoire du petit État juif créé par Staline en Sibérie au début des années 50.

Juin 1950, Washington. Accusée d’assassinat et d’espionnage, Maria Apron risque la chaise électrique. Pour se défendre, elle n’a que sa beauté et ses souvenirs. Telle Shé­hé­ra­zade, pour sauver sa tête, elle décide de raconter son histoire aux Autorités américaines.

Maria Apron, de son vrai nom Marina Andreïeva Gousseïev, commence par une révélation fracassante: en octobre 1932, étoile montante du Théâtre moscovite, elle se laisse séduire par Staline. Mais, ce soir-là, l’épouse du tyran se suicide, et Staline veut effacer tous les témoins. La vie pleine de promesses de Maria se mue en une fuite éperdue.

Réfugiée au Birobidjan, le minuscule État juif que Staline vient de créer pour les Juifs en Sibérie, Marina découvre l’incroyable vitalité du Répertoire théâtral yiddish. Elle renoue avec le travail d’actrice, oublie la folie sta­li­nienne et devient Juive parmi les Juifs alors que les nazis les massacrent partout en Occident. Puis elle tombe amoureuse. Il s’appelle Michael, il est médecin et Américain. Marina croit enfin au bonheur. Mais qui peut échapper au Maître impitoyable du Kremlin? Michael, accusé d’espionnage, est condamné au Goulag. Pour le tirer du camp où il doit mourir, Marina bravera l’enfer sibérien…

In an interview, Franco-Polish Jewish author Marek Halter talks about the history and the future of the Jewish People.

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